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Un voyage long et complexe

juin 14, 2010

L'équipe Kawasaki Racing a été particulièrement occupée en mai. En effet, elle a participé à trois manches de championnat sur trois continents différents, en quatre semaines. Nous leur avons demandé comment elle y est parvenue.

En mai, l'organisation et la planification du voyage se sont avérées plus compliquées qu'à l'habitude pour l'équipe multinationale Kawasaki Racing. En effet, des employés en provenance de près de dix pays différents des quatre coins du monde se sont rendus aux trois courses du Championnat du monde de Superbike.

On se rend compte du vrai défi représenté par la logistique de leur récent voyage si on ajoute le fait que l'équipe devait d'abord transférer son équipement et ses motos de son installation au Royaume-Uni à Monza, en Italie puis l'envoyer ensuite à Kyalami, en Afrique du Sud (le plus rapidement possible) et faire ensuite un retour en Amérique, un saut un peu moins à la hâte, au circuit Miller Motorsports Park.

S'assurer que le long voyage de mi-saison se déroule bien est si important que l'équipe commence à le planifier aussitôt qu'elle reçoit le programme initial. Le gérant de l'équipe, M. Paul Risbridger raconte : « Le premier défi concerne les hôtels parce que normalement tu dois réserver les chambres rapidement pour assurer la disponibilité. Cependant, pour ce faire, tu dois connaître les dates d'arrivée et de départ de tous. Tu dois donc déjà commencer à planifier le voyage. »

Certains d'entre vous seront peut-être surpris de savoir que l'équipe officielle se charge elle-même de presque toute la planification logistique. Seules certaines parties sont confiées à des services externes. « Les équipes sont responsables de l'aller et du retour de leur équipement et de leur personnel », affirme Paul. « Il y a un transporteur officiel pour le championnat, mais nous ne sommes pas obligés de l'utiliser. Au niveau du transport, le plus grand défi du championnat est l'expédition de Monza à Kyalami parce que cela signifie que le dimanche soir tu dois expédier toutes tes caisses d'Italie et qu'elles doivent arriver à Kyalami mercredi matin, au plus tard; un délai plutôt court pour tous les transporteurs », reconnaît Paul. « Cette année, il y avait un petit hic en plus à cause du nuage de fumée couvrant le ciel au-dessus de l'Europe. Une complication indésirable lorsque tu n'as que trois jours pour expédier l'ensemble de ton équipement de Milan à Johannesburg! Nous voulions utiliser un transporteur différent de celui du championnat, comme nous l'avions fait en Australie, mais y avons renoncé, à cause de la problématique du nuage de fumée toujours présente. À l'origine, nous projetions de transporter nos caisses par fret routier jusqu'à Zurich et de prendre l'avion le lundi. Cependant, comme l'aéroport de Zurich n'a pas ouvert le lundi, c'est une bonne chose que nous avons changée nos plans. Si tu prends un vol nolisé avec tous les autres et que le vol est annulé, l'événement est également annulé parce que personne d'autre n'aura son équipement. Nous avons donc appliqué le principe que l'union fait la force cette fois-ci. »

Participer à un championnat mondial est loin d'être une mince affaire côté logistique, et ce, particulièrement pour les équipes d'un des principaux fabricants. Il n'est donc pas étonnant que même si on n'apporte que le strict minimum, le poids des pièces et des motos soit encore très élevé. « Nous avons expédié 14 caisses de matériels individuelles dont le poids approximatif totalise entre 3 500 et 4 000 kilos », affirme M. Risbridger. « Les frais de transport sont calculés par kilo et le taux pour un envoi partant d'Europe jusqu'en Afrique du Sud et allant ensuite en Amérique avant de revenir en Europe se situait à environ 18 euros par kilo. »

Partir de la maison pour faire un voyage à destinations multiples est beaucoup plus facile que de voyager comme l'équipe a dû le faire cette fois-ci. Risbridger explique : « L'autre défi que représentait la manche de Monza n'incluait non seulement le transport de notre équipement du Royaume-Uni jusqu'en Italie, mais également de nos 14 caisses. Il faut beaucoup plus de temps pour emballer le tout dans des caisses que de juste remplir le camion pour revenir à la maison. Le plus grand problème dans cette histoire de poids est que les caisses de vol sont elles-mêmes très lourdes. Les plus grandes caisses peuvent peser jusqu'à 100 kg. Si l'on compare le volume par rapport au poids, on peut mettre environ 300 kg par caisse. Par conséquent, la caisse elle-même représente une bonne partie du poids à payer! »
Que devons-nous absolument apporter et que pouvons-nous laisser?

Paul répond : « Parce qu'il y avait une fin de semaine entre la manche de Kyalami et celle de Miller, en Amérique, nous n'avions pas à apporter, par exemple, tout l'équipement supplémentaire parce que nous aurions pu nous faire expédier de l'équipement directement de l'atelier en Amérique, si besoin était. Avec une fin de semaine de libre entre les deux manches, l'équipe aurait pu réagir efficacement aux événements de la course précédente. Si tu essaies de t'approvisionner pour un trop grand nombre de courses à la fois, tu te retrouves beaucoup trop chargé au début du voyage. »

Jusqu'ici nous avons parlé de l'équipement, mais qu'en est-il pour la partie la plus importante de toute équipe, soit le personnel? L'itinéraire de voyage général des membres de l'équipe vivant en Espagne, au Royaume-Uni, en Italie, aux Pays-Bas, au Japon, etc., est tellement compliqué qu'il peut provoquer une dépression nerveuse même chez un agent de voyage.
D'un autre côté, les longs voyages à l'étranger offre à tous les membres de l'équipe l'occasion de découvrir des endroits plus exotiques, de travailler sur des circuits différents et stimulants et de travailler encore plus étroitement lors des manches en Europe, la plupart du temps, à cause des horaires bien serrés et, car nous sommes tous si loin de la maison.

En ce qui a trait uniquement à l'équipe et aux techniciens, 17 membres ont pris part au voyage à Salt Lake, mais avec les pilotes et leurs familles nous étions 22. Par expérience, nous savons qu'il est à la fois plus économique et favorable pour les membres de retourner à la maison entre les courses, lorsque possible.

Paul dit : « Les billets d'avion sont généralement beaucoup plus dispendieux s'ils ne sont pas pris aller-retour. Rester sur place signifie également trois ou quatre nuits de plus à l'hôtel à payer et toutes les dépenses relatives pendant le séjour. Autant passer une nuit ou deux à la maison. Ceux qui ont une petite famille ont habituellement plus envie de retourner à la maison même si ce n'est que pour une nuit, car cela coupe le voyage en deux, ce qui psychologiquement très important. Certains des célibataires préfèrent rester sur place, mais il est préférable pour eux de retourner à la maison! »

Pour tous les membres de l'équipe Kawasaki Racing dévoués et qui ont l'expérience du voyage, organiser ce long voyage et entrer dans la ronde internationale de mai est le travail d'une année.

La prochaine manche approche à grands pas et la prochaine destination de l'équipe aura lieu en bord de mer, au circuit de Misano, en Italie. Quel formidable endroit pour une autre manche en Europe! Un autre spectacle à ne pas manquer.

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